Top

Transport aérien : un changement de ligne s’impose

Cette semaine, les députés de l’assemblée nationale se pencheront sur la question du transport aérien dans le cadre de l’examen du projet de loi « Climat et résilience ». Les mesures contenues dans le projet de loi macroniste sont très loin d’être à la hauteur des enjeux climatiques. Dans notre région, suréquipée en infrastructures aéroportuaires, la majorité Chesnais-Girard/Burlot n’a pas pris la mesure de la bifurcation à engager.

En janvier 2021, la Convention citoyenne pour le climat remettait sa copie au Président de la République pour conduire la France vers la neutralité carbone. Les citoyens avaient alors adressé un message clair pour réduire l’impact du secteur aérien en proposant :

L’interdiction de tout nouvel aéroport et de l’extension des aéroports existants.
L’organisation progressive de la fin du trafic aérien intérieur, en commençant par la suppression des lignes concurrencées par une alternative ferroviaire de moins de 4h.

Contrairement à la promesse du Président qui s’était engagé à reprendre ces propositions “sans filtre”, le projet de loi soumis ne porte aucune remise en cause des 10 plus grands projets d’extension d’aéroports français. De plus, en se limitant aux lignes concurrencées par le train pour les seuls trajets inférieurs à 2h30 et en excluant les vols par correspondance et internationaux, le gouvernement a clairement renoncé à toute ambition climatique.

Avec onze aéroports sur son territore soit le triple de la densité nationale, la Bretagne n’est pas épargnée par ce débat. La Région a la responsabilité des 4 principaux aéroports (Brest, Rennes, Quimper et Dinard). La majorité socialiste conduit à son échelle la même politique que le gouvernement. Elle souhaite engager pas moins de 10 millions d’euros d’investissement pour le développement de l’aéroport de Rennes.

Avec ces travaux, la Région ambitionne d’accueillir 2 000 000 de passagers en 2035 à Rennes contre 850 000 actuellement. L’actuelle majorité est à contre-courant de ce qu’il faudrait faire.

Dans un audit assez cinglant paru en février 2020, la Cour des comptes épinglait la Région Bretagne pour sa mauvaise gestion financière des aéroports régionaux, structurellement déficitaires, et qualifiait sa stratégie d’obsolète au regard de l’arrivée de la LGV et des enjeux climatiques.

Que ce soient les macronistes à Paris ou les socialistes bretons, l’on constate que les grandes déclarations en faveur du climat ne s’accompagnent en réalité d’aucun acte politique concret.

La France insoumise, si elle est élue lors des prochaines élections régionales de juin prochain, s’engage à planifier la réduction des capacités aéroportuaires régionales, seule issue compatible avec le respect des objectifs climatiques.

Ce faisant, nous redéploierons l’ensemble des moyens financiers économisés vers la nécessaire bifurcation écologique des mobilités, en favorisant le transport ferroviaire du quotidien à des prix accessibles.

Nous accompagnerons enfin le redéploiement des personnels du secteur aérien vers les politiques de mobilité décarbonées de la Région.

Share This