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Synutra, Scandale Industriel Et Gaspillage D’argent Public Qui Appellent Un Changement De Politique

Synutra, scandale industriel et gaspillage d’argent public qui appellent un changement de politique

Le Journal du Dimanche nous apprend que l’usine de production de lait en poudre à Carhaix est sur le point de fermer. Ce scandale industriel et public est d’ampleur nationale.

La commune de Carhaix avait versé 3 millions d’euros dans le cadre de l’installation de Synutra ; son maire, Christian Troadec, vantant l’arrivée des capitaux chinois comme le nouveau “Pérou” de la Bretagne. Quant à la Région Bretagne, c’est près d’1 million d’euros qu’elle a versé à Sodial, coopérative laitière fournisseur de Synutra.

L’argent public a coulé à flot pour faire naître ce projet. Pour quel résultat ? Un échec industriel qui tourne aujourd’hui au ridicule, a fait miroiter de faux espoirs aux habitants du Centre-Bretagne, et souligne l’absence de vision industrielle des autorités politiques, État et Région confondus. Après Doux et Tilly-Sabco, gavés également d’argent public, aucune leçon n’a donc été tirée.  Beaucoup ont averti sur le caractère insoutenable de ce plan industriel. Aveuglés par les millions, les responsables politiques n’ont rien voulu entendre. L’obsession pour un modèle capitalistique fondé sur les intégrateurs, les transnationales, les grandes coopératives et l’export est une erreur stratégique majeure. Mais que cette erreur soit subventionnée par les deniers publics est un enjeu politique. Qui va rembourser l’argent public versé ?

Et quand sera initiée une véritable politique économique et industrielle souveraine pour la France et la Bretagne ?  

Tout d’abord, la France insoumise demande un audit public de ce crash industriel financé à fonds perdu. Les responsabilités doivent être établies.  Il n’est pas question que les défauts de paiement de Synutra se répercutent sur le prix du lait payé aux éleveurs. 

Ensuite, c’est l’ensemble du modèle agro-industriel qui doit être repensé, en renonçant à ce mirage de l’exportation. Entre 2008 et 2020, le nombre d’exploitations agricoles a chuté d’un tiers en Bretagne et un quart de la production bretonne est désormais destiné à l’export, soumis à la volatilité des marchés internationaux ! Ce modèle, maintenu par Loïg Chesnais-Girard, est insoutenable économiquement et incompatible avec les objectifs climatiques. 

Nous portons le projet d’une Région Bretagne permettant aux paysans de trouver de nouveaux débouchés pour des produits de qualité, participant ainsi à restaurer la souveraineté alimentaire, prometteuse d’emplois sur nos territoires. Il faut sortir de la logique d’endettement et d’ubérisation dont sont victimes les producteurs bretons, pris en tenaille entre leurs fournisseurs d’un côté et leurs coopératives de l’autre, et mettre en place des dispositifs d’annulation de la dette agricole en contrepartie d’une transition écologique des exploitations. Bref, nous devons engager la bifurcation du modèle agro-industriel breton, que seule une politique volontariste, régionale et nationale, pourra mener à bien.

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