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Carnet de campagne par Pierre-Yves Cadalen
Jusqu'à la fin du Ribines tour pour l'alternative écologique & sociale en Bretagne, notre tête de liste pour la Bretagne Insoumise livrera tous les jours ses impressions, ses réflexions et moments de rencontre avec des citoyennes, citoyennes, ouvriers, paysans, syndicats, associations, etc. tant sur les luttes locales comme sur les initiatives positives

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Jour 3

Belle-Île, à la croisée des chemins

Voici le troisième jour de notre Ribines tour, et les vélos ne sont pas de sortie aujourd’hui, le programme est trop chargé. Nous sommes encore à Belle-Île, et j’imagine déjà le regret que j’aurais, sur le bateau, à devoir partir si rapidement d’un tel lieu. Pour ce que j’ai pu en voir en quelques heures, Belle-Île impressionne certainement par ces paysages, mais aussi par les personnes qui l’habitent, y sont nées ou y sont venues, attirées par cette mystérieuse force d’attraction qu’ont certaines îles.
Ce matin, j’ai rencontré les bénévoles et salariés du Chtal, la ressourcerie de l’île. Les limites iliennes, celles posées par l’océan qui l’entoure et peut parfois l’isoler, imposent de considérer des problèmes qui se posent en réalité à tout le continent, comme l’on dit ici. Nous ne pouvons pas continuer à produire infiniment et sans compter des déchets, multiplier les produits à usage unique et faire comme si cela n’allait pas dégrader nos milieux de vie, et notre rapport au monde. Par cette action collective, la société de consommation recule déjà. J’ai pensé à la recyclerie de Brest, au fonctionnement proche. Rappelons aussi que la question des déchets se pose également du côté de la production : Coca a financé les publicités pour le recyclage après avoir inventé la canette à usage unique, comme le documente très bien Grégoire Chamayou dans La société ingouvernable. En partageant ces réflexions et parlant des bifurcations nécessaires, j’ai senti un beau collectif, et la construction commune comme horizon partagé.
La matinée continue avec l’association « Du grain au pain », dont l’idée est passionnante : reconstruire une filière autour du blé panifiable, c’est-à-dire pour fabriquer de la farine à pain, qui occupait fin XIXe 2000 ha sur l’île. Aujourd’hui, 200 sont cultivés en céréales pour les bêtes, et plus de 1 500 ha de terres agricoles sont laissées en friche. Il y a donc de la place pour cette idée neuve, mais la culture ayant été abandonnée dans les années 1950, il faut retrouver une semence qui va bien avec le climat et les conditions spécifiques de l’île. C’est l’expérience dans lequel se sont lancés des chercheurs et des agriculteurs, en plantant 35 carrés d’un mètre carré de variétés de blé différentes. L’agriculture, articulée à une ambition économique de reconstruction de filière, donne une perspective. Manque encore le soutien public appuyé, pas pour longtemps si les événements vont dans le sens que je souhaite de mon côté. Une autre dimension de ce projet m’a plu, la vie nouvelle que l’on trouverait à un moulin sur l’île. Vingt moulins servaient à produire de la farine auparavant. L’histoire d’un lieu serait racontée par la reconstruction d’une filière dynamique, et je vois là un projet à appuyer de toutes mes forces.
Une île, bordée par la mer, n’est pas forcément un lieu fermé, loin s’en faut. Les discussions du midi m’ont amené en Acadie, d’où sont venus au XVIIIe siècle les exilés du territoire cédé par Louis XV aux Anglais. L’afféagement a alors eu lieu, pour compenser l’exil, et les terres ont été distribuées sur l’île, à parts égales, ce qui devait marquer pour longtemps jusqu’à l’architecture du lieu, hameaux de petites maisons la structurant. Le souffle de l’histoire, qui a porté des Portugais à toucher le rivage et s’installer ici, montre l’ouverture de cette île au monde, tout comme la Bretagne.
La journée se termine avec Huguette, qui coordonne une plateforme de vente coopérative, “Au coin des producteurs”. La rencontre m’a marqué. Depuis six générations, sa famille travaille la terre. Elle en a appris les techniques du passé : le café pour que la vache affaissée se relève, le petit lait pour nourrir la volaille. Le label ne lui importe pas, mais le métier d’agriculteur oui. Je l’ai écoutée avec attention et suis convaincu d’une chose, après les rencontres d’aujourd’hui : si l’on part de changements concrets à opérer, nous pouvons arriver à de larges accords dans la société. Par exemple, l’annulation de la dette paysanne en contrepartie de la conversion agroécologique de l’exploitation agricole permettrait de convaincre ceux qui ont été entraînés dans le modèle productiviste. Les choix d’hier doivent être dépassés, mais ils ne peuvent l’être sans considérer la situation de ceux qui travaillent la terre. Les modes de vie liés à la société de consommation doivent changer, nous le savons, tant par ce qu’ils produisent de violence sociale que par la destruction de nos milieux de vie.
Ces pensées traversent l’île et sa population. J’en partirai demain avec plein de perspectives et d’idées à défendre et mettre en place depuis le Conseil régional. Merci Belle-Île, et merci pour l’accueil aux insoumis.e.s, pour l’écoute et les échanges aux personnes rencontrées. Je vous en dirai un mot demain.
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Par Pierre-Yves Cadalen têtes de liste Bretagne Insoumise aux élections régionales en Bretagne

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