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Pour une Bretagne Écologique

Engager la bifurcation écologique dans les territoires

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Engager la bifurcation écologique dans les territoires en planifiant le « Zéro Pesticide », le « Zéro déchet », le « Zéro artificialisation nette », la neutralité carbone et le 100% énergies renouvelables

La Région dispose désormais d’un rôle central dans la planification écologique puisqu’elle est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre du Schéma régional de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). Ce document réglementaire a vocation à définir des objectifs précis en matière de transition énergétique, de préservation du climat, de gestion des déchets, de développement des services de transport ou encore de préservation de la biodiversité à l’échelle de la région.
Force est de constater que l’actuel SRADDET,  approuvé par les élus PS-LREM de la Région Bretagne,  ne propose aucun changement substantiel dans la conduite des politiques publiques, à même de pouvoir inverser les tendances à l’œuvre en matière de dégradation de la situation environnementale. Dénué à dessein de tout caractère prescriptif et ne précisant pas les moyens financiers à y consacrer, il se résume à un catalogue de vagues objectifs à des horizons si lointains, 2040 voire 2050, qu’ils soustraient les élus de leurs responsabilités.

Face à cette politique de « Greenwashing », nous souhaitons développer une stratégie claire et précise pour mettre en œuvre la bifurcation écologique en Bretagne à partir d’une actualisation du SRADDET, dès la première année de notre mandat. Parce qu’il n’y a pas d’écologie sans justice sociale, ce document sera co-construit et évalué avec les citoyens, sous l’éclairage d’un comité scientifique indépendant. Pour lui redonner toute sa valeur, il doit devenir prescriptif pour les collectivités territoriales et reposer sur des objectifs précis à atteindre à l’issue du mandat, en 2028.

En matière de bifurcation écologique, il faut planifier le « Zéro phyto », le « Zéro déchet », le « Zéro artificialisation nette », le 100% énergies renouvelables, la neutralité carbone et à engager dès à présent l’adaptation au changement climatique :

Neutralité carbonne

Atteindre la neutralité carbone en 2050, par une décroissance de nos émissions d’environ 3% par an au cours de ce prochain mandat. La décarbonation de l’économie bretonne doit privilégier la baisse des émissions de gaz à effet de serre notamment issues de l’agriculture, du bâtiment et des transports, aux stratégies de compensation carbone qui défaussent les acteurs de leurs responsabilités.

Schéma d'adaptation des territoires et des activités

Un schéma d’adaptation des territoires et des activités aux conséquences du changement climatique doit être établi en lien étroit avec un comité d’expert scientifique, afin de nous préparer collectivement notamment au phénomène de hausse du niveau marin, au développement des vagues de chaleur et des inondations, ou encore à la raréfaction de la ressource en eau. Cette stratégie repose sur la lutte contre l’artificialisation des sols, la plantation d’arbres tant dans l’espace rural qu’en milieu urbain, la protection des zones humides ou encore la renaturation des cours d’eau.

Le scénario « Négawatt »

En matière énergétique, notre boussole est le scénario « Négawatt », basé sur le triptyque sobriété, efficacité et énergies renouvelables. Nous souhaitons consolider le déploiement du Service public de la rénovation énergétique et planifier le 100% énergies renouvelables en soutenant prioritairement les énergies marines et le solaire. Nous devons soutenir l’éolien terrestre selon une stratégie d’actionnariat public et d’investissement participatif, garantissant une place aux acteurs du territoire dans la gouvernance des projets. Les retombées financières de tels projets doivent avant tout profiter aux acteurs locaux qui vivent dans les territoires.

Plan de végétalisation de la Bretagne

Pour restaurer la biodiversité, il faut engager un Plan de végétalisation de la Bretagne, tant par le développement du bocage, de la trame forestière que par le retour de la nature en ville et dans les centres-bourgs. Nous souhaitons créer de nouveaux parcs régionaux et réserves naturelles terrestres et marines et soutenons les trames brunes (absence de pollution lumineuse la nuit) dans les territoires. Afin d’associer les citoyens à la préservation de la nature, nous souhaitons constituer des réseaux citoyens de sentinelles de la biodiversité et développer les sciences participatives.

Mise en œuvre du « Zéro artificialisation nette »

Parce que le foncier et le sol sont des richesses indispensables à la bifurcation écologique de notre modèle de développement, la mise en œuvre du « Zéro artificialisation nette » est une nécessité qui passe par la contrainte sur la construction de nouvelles zones commerciales périphériques, la rénovation du bâti ancien, la renaturation des terrains abandonnés et la déconstruction des friches industrielles, agricoles ou artisanales, la lutte contre la vacance des logements, et la mise en d’un moratoire contre tous les grands projets d’urbanisation inutiles, dont le e-commerce à l’image des plate-formes logistiques d’Amazon.

Plan régional des déchets

Comme pour le SRADDET, atteindre le « Zéro Déchet » ne pourra s’envisager que par la mise en place d’un Plan régional des déchets prescriptif et juridiquement contraignant, ce que les élus régionaux actuels ont toujours refusé. Notre stratégie passe par des partenariats avec les collectivités et syndicats de déchets sous réserve qu’ils s’engagent sur une ambition de « Territoire Zéro Déchet». Nous devons respecter la hiérarchie de traitement des déchets, consistant à privilégier la prévention, le réemploi ou la réparation avant les solutions de recyclage.

Nous soutenons la constitution d’une filière régionale de traitement des biodéchets triés à la source, encourageons les pratiques de compostage et souhaitons organiser une filière de consigne pour le réemploi. Dans le secteur agricole, il nous faut organiser la mise en place d’une filière de déconstruction et de recyclage des bâtiments amiantés.
Pour accélérer cette bifurcation, nous devons nous appuyer sur des politiques de tarification incitative, pénalisant la surconsommation et le gaspillage, et de limitation de la publicité et d’accompagnement des alternatives au plastique.
Afin d’entraîner l’ensemble des acteurs de la filière et des citoyens, une politique d’exemplarité dans les lycées en matière de réduction des déchets et lutte contre le gaspillage est nécessaire.

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Pour une agriculture écologique et paysanne mettant fin à l'agrobusiness

Depuis trop longtemps, la Bretagne, ses habitants, les travailleurs de l’agriculture et de l’agro-alimentaire souffrent des conséquences d’un productivisme agricole effréné, amorcé dans les années 60 pour «moderniser» la Bretagne. C’est à cette époque que les fondements du “modèle agricole breton”, alliant productivité, libéralisme de marché et concentration capitaliste des moyens de production ont été échafaudés.
Les conséquences de cette politique aveugle, jamais remise en cause, sont malheureusement bien connues de tous : ubérisation du monde paysan par les multinationales de l’industrie agro-alimentaire, dégradation des conditions de travail, effondrement du nombre d’agriculteurs, pollution chronique des rivières, de l’air et du littoral, érosion des sols, effondrement de la biodiversité et dérèglement climatique.
Nous proposons un nouvel horizon pour l’agriculture bretonne fondé sur la remise en cause de la situation hégémonique de l’agro-industrie, et proposant l’émancipation des paysans par l’émergence de nouvelles filières locales favorisant l’agriculture biologique et les productions végétales. Nous défendons une politique sociale alimentaire au service de la santé publique de tous les bretons.

Sortir de la logique d’ubérisation des paysans par la mise en place de mécanismes d’annulation de la dette

La Bretagne est la première région agroalimentaire d’Europe et la première région d’élevage sur le plan national. En France, 1 poulet sur 3, 1 porc sur 2 et 1 vache laitière sur 5 sont produits sur le sol breton. Une telle concentration des productions, rendue possible par le développement de l’élevage hors-sol et intensif, s’appuie sur un modèle agro-industriel détenu par une poignée de multinationales qui ont transformé les exploitations traditionnelles en fermes-usines et asservi le monde paysan.
Les petites coopératives au service des agriculteurs ont cédé la place à de gigantesques groupes agro-industriels exportant leurs matières premières à bas prix à travers le monde, au moyen d’une rentabilité obtenue par le soutien financier des pouvoirs publics et une industrialisation croissante de la production.
Dans un rapport de force à sens unique en faveur des coopératives agro-industrielles, les paysans sont contraints à une course folle au productivisme qui les conduit à un endettement chronique et les emprisonne dans un modèle sans issue. Pour les paysans, les conséquences sociales et sanitaires sont dramatiques : maladies professionnelles liées à l’exposition aux pesticides, revenus bas induisant un taux de pauvreté de 18% en Bretagne, taux de suicide de 12% supérieur à la population nationale, perte de sens de leur activité.

Une telle situation n’est en rien inéluctable. Les paysans, en nourrissant la population et en prenant soin de la terre, exercent une activité essentielle à notre société, mise en lumière lors de la pandémie. Aussi, pour convertir le « modèle agricole breton » qui détruit le vivant autant qu’il exploite agriculteurs et salariés de l’agro-alimentaire, il est urgent de rompre avec la tutelle qu’exerce l’agro-industrie sur le monde paysan en Bretagne.

Annulation de la dette paysanne

Notre premier engagement consiste à porter une proposition visant l’annulation de la dette paysanne. La Région doit être à l’initiative de cette mesure et l’introduira par une Conférence régionale de la dette paysanne, mettant autour de la table l’ensemble des acteurs du monde agricole et des créanciers de la dette, notamment les coopératives et les organismes bancaires. La restructuration de la dette peut s’appuyer sur des dispositifs de prise en charge des intérêts bancaires ou de prêts, des dettes fournisseurs, des cotisations sociales voire un gel des remboursements.

Autonomie paysanne

Afin de sortir d’une logique d’investissement sans mesure, notre second engagement consistera à actionner tous les leviers en faveur de l’autonomie paysanne, qu’elle soit décisionnelle, énergétique, alimentaire ou en intrants. Dans cette optique, nous voulons accompagner la structuration de nouveaux réseaux paysans, autonomes et indépendants des géants de l’agroalimentaire et garantirons un conseil agronomique neutre et indépendant des lobbys agricoles et financiers.

Convention citoyenne contre les algues vertes

Contre le fléau des algues vertes qui mine nos paysages, notre environnement et notre santé, une Convention citoyenne contre les algues vertes (CCAV) chargée de participer à la définition, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques régionales sera mise en place. Il n’est plus acceptable que les citoyens, premiers concernés par l’impact des marées vertes, soient tenus à l’écart de choix politiques lourds de conséquences.

Territoires Zéro Pesticides, 100% Bio

Il nous faut également créer un réseau citoyen et associatif de sentinelles de l’eau, actif dans notre objectif de préservation de cette ressource vitale. Nous développerons « les Territoires Zéro Pesticides, 100% Bio » et viserons l’atteinte des 10 mg/L de nitrates dans l’eau, seul objectif permettant d’éradiquer les algues vertes.

Moratoire sur la méthanisation agricole

Une mesure immédiate pour mettre fin à cette course folle à l’endettement des paysans est l’instauration d’un moratoire sur la méthanisation agricole, fausse bonne idée se traduisant dans les conditions actuelles par une intensification du modèle agricole plutôt que comme étape vers une agriculture écologique et résiliente.

Amélioration des conditions de travail

Face à la pénibilité du travail dans le secteur agro-alimentaire, nous souhaitons conditionner les subventions publiques à l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises : soutenabilité des rythmes, non recours aux statuts précaires ou aux travailleurs détachés, mesures contre les pathologies liées au travail.

Engager la bifurcation agro-écologique du monde paysan pour une alimentation sans pesticide, locale, végétalisée et respectueuse du vivant

Le modèle intensif qui domine en Bretagne met non seulement en péril la santé des travailleurs mais il conduit aussi à une impasse écologique. L’hyper concentration des élevages hors sol est responsable de la pollution de l’eau, des marées vertes et de la maltraitance animale. Il détruit la fertilité des sols, les milieux naturels et la biodiversité. Par son utilisation excédentaire d’engrais azotés, ses importations massives de soja et ses émissions de méthane issues du cheptel breton, le modèle d’élevage breton contribue largement au dérèglement climatique, la moitié des émissions de gaz à effet de serre étant issue de l’agriculture en Bretagne.

Conséquence supplémentaire d’un modèle agricole déconnecté de l’intérêt général, l’alimentation d’une grande partie de la population est déséquilibrée du point de vue nutritionnel : surpoids, obésité, cancers et allergies deviennent de véritables questions de santé publique, qui frappent inégalement nos concitoyens. Elle repose trop souvent sur la consommation de produits de faible qualité, contenant en outre des pesticides et additifs alimentaires dangereux pour la santé. Le système alimentaire, dominé par une logique d’accumulation du capital, pousse à la surconsommation de certains produits et génère une quantité considérable de gaspillages, que ce soit en produits alimentaires et en emballages. Ce modèle productiviste détruit tout !

En réduisant la dépendance et l’endettement des paysans, nous rendrons possible de nouvelles perspectives d’évolution des fermes vers des modèles agronomiques qui préservent l’environnement, la santé des citoyens et celle des consommateurs. De multiples initiatives d’agriculture paysanne de qualité, d’agriculture biologique et de circuits courts existent déjà mais restent encore trop marginales car insuffisamment soutenues par les pouvoirs publics. Nous les généraliserons par les engagements suivants :

Sortie de l'agriculture chimique

Sortir de l’agriculture chimique (pesticides et engrais) sous 10 ans par un soutien massif à l’agriculture biologique, qui ne représente encore que 9% de la surface agricole en Bretagne. Notre territoire n’a pas vocation à « nourrir le monde » : nous devons reconnecter l’agriculture et nos paysans avec leur territoire, en généralisant les circuits courts. Il nous faut organiser la structuration de réseaux d’agriculteurs engagés dans les démarches de qualité et de proximité, la diffusion de plates-formes en circuits courts et la généralisation des produits biologiques, de saison et locaux dans les cantines des lycées.

Souveraineté alimentaire de la Bretagne

Restaurer la souveraineté alimentaire de la Bretagne et réduire la part de l’élevage industriel. Nous souhaitons favoriser la diversification des productions en faveur notamment d’une alimentation végétale : production de légumineuses, maraîchage, diversification fruitière. La réduction de l’élevage intensif doit passer notamment par l’arrêt des soutiens aux fermes-usines et toute aide en faveur d’une activité d’élevage doit être conditionnée au respect de critères stricts favorisant leur bien-traitance, notamment le lien au sol.


Nous nous engageons à créer des « ceintures maraîchères » autour des grandes agglomérations en contractualisant avec les agriculteurs pour les convaincre de diversifier leurs cultures et produire dans une logique de circuit court. Ces ceintures intègrent aussi la création de vergers.

Soutien au modèle des petites exploitations familiales

Soutenir le modèle des petites exploitations familiales pour freiner la concentration des moyens productifs et mettre fin à l’agrandissement sans limite des structures agricoles. Cela passe notamment par des soutiens limités aux fermes en-deçà d’une limite maximale de surface agricole, relativement à l’emploi et à la valeur ajoutée créés.


Dans le cadre d’un plan de retour des citoyens à la terre, nous visons une multiplication par 2 du nombre d’installations agricoles d’ici à la fin du mandat, pour atteindre 1 500 nouveaux paysans par an en 2028. Nous souhaitons faciliter pour cela l’accès à la terre pour les agriculteurs sur des modèles de production durable en favorisant les formes collectives de propriété, en déployant des mécanismes de réservation de terres et de portage foncier en lien avec la SAFER, enfin en augmentant les soutiens à l’installation pour les projets écologiques, sans plafonnement d’âge.

Le droit à une alimentation saine, sûre et de qualité

Face à la précarité alimentaire qui s’accroît dans notre pays sous l’effet de la crise sanitaire, nous défendons le droit à une alimentation saine, sûre et de qualité, accessible à toutes et à tous. Nous soutenons l’éducation à l’alimentation et la réalisation de plans d’alimentation territoriaux associant les citoyens. Enfin, nous voulons mettre en place un plan d’urgence alimentaire en faveur des plus démunis et des étudiants, particulièrement touchés.