Top
Breizh Biodiv Ou Le Greenwashing De Loïg Chesnais-Girard

Breizh Biodiv ou le Greenwashing de Loïg Chesnais-Girard

La fondation « Breizh Biodiv » a été créée dans le but d’accroitre les moyens financiers de la Région consacrés à la transition écologique en Bretagne. Son lancement a été l’occasion pour le président sortant de communiquer sur l’écologie auprès de Nicolas Hulot.

Mais comment ne pas y voir une opération pré-électorale de verdissement de son image après tant de renoncements durant le mandat ? Plus encore, nous ne comprenons pas  le recours au modèle de la fondation, basée sur la défiscalisation et la codécision avec des multinationales,  pour remplir une mission de service public aussi fondamentale que la transition écologique.

Loïg Chesnais-Girard communique sur la création d’une fondation qui pourrait en apparence paraître ambitieuse en matière de transition. En réalité, il s’agit d un cache-misère qui ne parviendra pas à contrebalancer les effets désastreux de sa politique sur l’environnement, le climat et la biodiversité.

En effet, la fondation “Breizh Biodiv” appuiera les actions en faveur du climat, là où la région Bretagne, dans son Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET), a honteusement pris des engagements inférieurs aux engagements nationaux et européens en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Plus encore, la fondation devra veiller au maintien de la biodiversité. Mais la majorité sortante par son “plan volailles”, son “plan porc”, ses communications récentes lors du vote du budget 2021, ne cesse de rappeler le rôle de la Bretagne dans l’alimentation de “9 milliards d’humains” et n’a jamais remis en cause le modèle productiviste breton. Comment, en voulant maintenir des volumes de production très élevés, permettre aux agriculteurs de sortir des pesticides ? Comment diminuer les concentrations d’animaux dans les exploitations, réintroduire les haies bocagères et protéger la biodiversité dans nos champs et nos rivières en développant toujours l’agriculture productiviste ?

Enfin, la fondation dans son action pour la biodiversité devra faire face à l’artificialisation des sols, importante en Bretagne. Mais la majorité sortante n’a pas voulu limiter les métropoles dans leur volonté de développement et n’a posé aucune contrainte à l’artificialisation des terres. Le SRADDET renvoie le “zéro artificialisation nette” à 2040 et propose un timide mécanisme de compensation à l’urbanisation des métropoles par… la moindre artificialisation des zones rurales et des villes moyennes.


Parallèlement, le modèle de la fondation retenu pour cette mission interroge. Le Fonds sera abondé par 45% de dotations publiques et 55% de fonds privés. La participation des entreprises à la fondation prend la forme d’une opération de mécénat environnemental, déductible de 66% de la valeur des sommes versées sur leur contribution fiscale. Trois entreprises se sont manifestées pour être cofondatrices : Arkea Crédit Mutuel, Engie et EDF.

Ce modèle de fondation permet donc aux entreprises de réduire leurs impôts, de verdir leur image en ne les contraignant pas à modifier leurs activités polluantes. Ce sont des pratiques qui opposent les collectivités territoriales, bénéficiaires des fonds, et l’Etat, perdant sur le plan fiscal. Elles vont à l’encontre de la Solidarité Nationale.

Une pleine et entière transition ne se fera ni avec cette majorité, ni avec ces montages fiscaux.

Share This