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Agroalimentaire breton : la liberté de la presse à nouveau bafouée

Garantir la liberté d’expression et permettre un débat démocratique sur le sujet agricole et agroalimentaire seraient-ils impossibles en Bretagne ? La question se pose après de nouveaux faits d’intimidation à l’encontre de deux journalistes. Trois jours après qu’une journaliste allemande installée à Glomel ait eu à subir les pressions d’un agriculteur, Morgane Large, journaliste à la radio RKB, a été confrontée à des actes de malveillance graves sur son véhicule.

Bretagne Insoumise condamne fermement ces actes de violence qui visent, une nouvelle fois, les lanceurs d’alerte sur les défaillances du modèle agricole et agroalimentaire breton.
Les révélations pointant du doigt les grands groupes agroindustriels et leurs appuis politiques s’enchaînent ces dernières années : BD “Algues vertes, l’histoire interdite”, enquête du média “Basta ! “sur les pratiques du groupe Chéritel, reportage télévisé “Bretagne, terre sacrifiée”. Grâce au travail d’enquête des journalistes, l’omerta qui régnait depuis plusieurs décennies vacille. Mais ces derniers restent victimes d’intimidations et de pressions.

En plus de la remise en cause du modèle agricole, les faits en question mettent en évidence la nécessité pour les élus en place de prendre la mesure de la situation et d’agir pour garantir les droits fondamentaux que constituent la liberté d’expression et le droit à l’information.

Il y a quelques mois, 400 journalistes regroupés dans le collectif Kelaouin dénonçaient les pressions subies lors de leurs investigations. Leur appel avait suscité des réactions diverses parmi les élus du conseil régional.
Loïg Chesnais-Girard, président PS, promettait en mai 2020 la mise en place d’un observatoire régional indépendant des libertés de la presse. Après l’effet d’annonce, nous attendons toujours les actes politiques pour “contribuer à garantir une information et une parole publique libre sur les enjeux de l’agroalimentaire en Bretagne”.
Cette posture peu ambitieuse l’était déjà trop pour Marc Le Fur, tête de liste départementale 22 Les Républicains, qui qualifiait alors le collectif de journalistes de “lobby écolo-parisien.” Quant à Thierry Burlot, tête de liste régionale LREM et ancien vice-président de la majorité socialiste au conseil régional, il relativisait les pressions sur les journalistes en affirmant n’en avoir jamais subies personnellement. Drôle d’attitude pour un élu de la majorité qui avait refusé de répondre aux questions d’Inès Léraud concernant la suppression du Conseil Scientifique de l’Environnement de Bretagne.
Il n’y a guère d’illusion à se faire quant à l’engagement de son parti à garantir la liberté d’expression sur ce sujet, le gouvernement s’étant employé à museler toute contestation du modèle agricole dominant par la mise en place de la cellule DEMETER, chargée de “dénoncer les pratiques d’agribashing”.

Les faits qui viennent de se dérouler sont graves et appellent des actes concrets. Il est urgent d’agir politiquement pour défendre avec vigueur la liberté d’expression, garantir une réelle protection des lanceurs d’alerte et mettre fin à la loi du silence qui empêche de penser un modèle agricole alternatif pour la Bretagne.
En tant que force politique candidate aux élections régionales, Bretagne Insoumise se place du côté de la liberté d’informer et n’aura de cesse de poser au coeur du débat politique des propositions pour une agriculture respectueuse des paysans, des consommateurs et de l’environnement.

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